Des tableaux qui valent mille mots : un projet artistique et inclusif à l’école Saint-Anne
À l’école Saint-Anne, l’art et les mots deviennent des outils puissants de communication, d’inclusion et de dépassement de soi grâce au projet de Stéphanie Tremblay, Des tableaux qui valent mille mots. Réalisé en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, ce projet rassemble élèves, artistes et personnel scolaire autour d’une expérience créative profondément humaine.
S’adressant aux élèves des classes TSA, ce volet permet de vivre un véritable processus d’expérimentation artistique sur plusieurs semaines. Dans le cadre de ce projet interdisciplinaire en milieu scolaire, une artiste en arts visuels et une écrivaine professionnelle ont accompagné les élèves dans la création d’histoires et d’illustrations inspirées de leur quotidien.
L’artiste Elizabeth Pouliot et l’écrivaine Nadia Nadège ont visité chacune des classes afin d’animer une trentaine d’ateliers d’écriture et de dessin. Ensemble, les élèves ont exploré différents médiums artistiques, découvert de nouvelles façons de créer et surtout, pris conscience que leurs idées et leurs réalisations peuvent elles aussi être publiées et partagées.
Le projet avait également pour objectif de travailler les codes linguistiques facilitant le repérage dans les lieux publics, en alliant culture et inclusion. Les histoires créées mettent en scène des endroits fréquentés par les enfants et leur famille, comme le parc, le musée ou encore les quilles. Cette approche concrète et significative permet aux élèves de développer leurs habiletés de communication tout en créant des repères utiles dans leur quotidien.
Pour Stéphanie Tremblay, enseignante à l’école Saint-Anne et responsable du projet, cette expérience a permis à tous de sortir un peu de leur zone de confort. « Ce qui nous pousse à apprendre et à nous dépasser, autant les élèves que les adultes, c’est justement d’oser essayer autrement. »
L’un des aspects marquants du projet réside dans la place accordée aux élèves dans le processus créatif. Comme de véritables auteurs et artistes, ce sont eux qui ont choisi les sujets des histoires et orienté les créations. Cette liberté décisionnelle a favorisé leur engagement, leur confiance et leur expression personnelle.
Le projet a aussi permis de mettre en lumière l’importance des tableaux de langage assistés (TLA), qui soutiennent la communication bidirectionnelle. Ces outils se sont révélés bénéfiques non seulement pour les élèves autistes, mais également pour d’autres jeunes, notamment des élèves nouvellement arrivants qui ont pu mieux comprendre certains mots et concepts grâce aux pictogrammes et aux supports visuels.
Au-delà des apprentissages artistiques et linguistiques, Des tableaux qui valent mille mots a surtout ouvert un dialogue sur les différences et l’inclusion. Plusieurs élèves ont pu prendre conscience des défis vécus par des enfants qui n’ont pas toujours accès aux mots pour communiquer.
Une expérience riche en découvertes, en créativité et en humanité, qui laisse une empreinte durable autant chez les élèves que chez les adultes qui les accompagnent.